Un sommet à moins de 2000m d’altitude, sans difficulté technique, qui convient parfaitement à une sortie en fin d’automne ou pendant le printemps. Alors que la neige ne recouvre que les plus hauts sommets, vous profiterez ainsi d’un panorama assez exceptionnel sur les Grands Moulins, le Mont-Blanc, la Lauzière, la Chartreuse et la Combe de Savoie. Place au topo !

Un dimanche bien ensoleillé et les jambes qui démangent : ingrédients nécessaires pour vouloir enfiler les chaussures de rando. J’emmène Typhaine avec moi pour une sortie au Grand Chat (1992m), dans le massif des Hurtières, non loin du col du Grand Cucheron. On espère être dans les clous pour pouvoir profiter du coucher de soleil au sommet, selon la température (fin novembre).


Durée : Environ 3h aller-retour.

Dénivelé : +400m.

Difficulté : Facile. En empruntant la piste forestière, le dénivelé est très abordable. 

Accès routier : Prendre la direction du col du Grand Cucheron, en Maurienne. Un virage avant de l’atteindre, prendre la route forestière goudronnée « Teppe Verte » et continuer jusqu’au bout, au chalet de la Jasse. 


Départ au bout de la piste Teppe Verte, sur le parking de la cabane forestière. Et première « difficulté » : j’hésite à emprunter un sentier en lacets avec un dénivelé positif relativement important plutôt que de suivre la piste forestière qui évolue tranquillement jusqu’au col du Champet, notre première étape. J’ai peut-être fait une erreur en voulant partir sur le sentier…

On rentre dans le dur direct, sans échauffement et sans transition. Je suis déjà un peu perdu sur la carte IGN et on suit des indications peintes sur les arbres, il y a mieux comme balisage ! Ça grimpe sévère sur ce sentier utilisé par les machines qui viennent couper du bois et notre cardio en prend un coup. Heureusement, notre progression est ponctuée de pauses contemplatives lorsque les arbres semblent s’ouvrir pour nous laisser admirer le paysage et prendre le soleil.

Alors que le dénivelé reste toujours aussi important, nous apercevons enfin la ligne de crête que nous devons rejoindre. Petit problème toutefois : je n’arrive absolument pas à nous repérer sur la carte et le balisage sommaire du début d’itinéraire n’est plus visible. Typhaine commence déjà à regretter mon soi-disant raccourci. Deux choix s’offrent à nous : rebrousser chemin ou s’engager sur une sente peu fiable en direction des crêtes.

Nous optons pour la seconde option et nous engageons sur cette sente minuscule qui nous mène à un espace relativement plat, au pied de la ligne de la crête, qui semble être notre objectif. Le col du Champet est certainement bien loin de notre position actuelle et j’en déduis que nous nous trouvons juste en dessous du sommet du Grand Chat.

Bousculés par le froid et le dénivelé que nous venons de réaliser, nous sommes maintenant dans du hors-sentier pur et dur. Après une nouvelle erreur dans le choix de la direction à prendre, nous tentons finalement d’aborder la montée de la crête en allant droit dedans. Le soleil nous attend sagement là-haut, comme une récompense à nos efforts. Mais avant de se prélasser et de reprendre des forces, il faut affronter cette dernière épreuve, dans une végétation dense et sur une pente abrupte. Soulagement lorsque nous parvenons à atteindre le sentier que nous aurions dû suivre depuis le départ.

Depuis la crête, la vue s’ouvre pratiquement à 360 degrés et on découvre la Combe de Savoie, la Chartreuse, le Vercors au loin. Panorama réellement exceptionnel. Comme quoi, pas la peine de faire un sommet à 3000m pour trouver un beau paysage. Pause bien méritée pour prendre quelques photos et se réchauffer au soleil.

Toutefois, nous ne sommes pas encore au sommet du Grand Chat et l’après-midi est bien avancé. On trouve rapidement la motivation de se remettre en route avant d’être surpris par la nuit. La montée finale ne présente pas une difficulté particulière et on avale nos derniers mètres de dénivelé positif. Enfin, lorsque nous atteignons le sommet, la vue est totalement ouverte tout autour de nous. Moment de contemplation.

Perchés à 1992m, nous faisons la rencontre d’un couple de randonneurs très sympathiques avec lesquels nous discutons un bon moment. La randonnée n’est pas qu’une question d’effort physique et d’introspection : c’est aussi un temps de rencontre sincère et amical. Progressivement, le soleil descend et les températures en font de même. Nous continuons un peu sur la crête mais on comprend vite qu’il ne faut pas tarder à faire demi-tour.

Cette fois-ci, nous ne pouvons plus nous tromper sur le chemin à prendre. Un peu plus sereins qu’à l’aller, nous profitons du coucher de soleil sans se presser. Le sentier nous laisse admirer le paysage changer lentement et les couleurs s’embraser.

Une heure plus tard, alors que l’ambiance est déjà bien sombre, la large piste forestière nous ramène tranquillement au point de départ de notre randonnée. Alors que nous ne devions pas faire une boucle, mon erreur d’orientation aura apporté un peu de variété au parcours initial. Fatigués mais heureux de notre sortie, nous pouvons rentrer déguster un bon thé chaud et se laisser glisser dans un bain bouillant.

Une excellente randonnée, abordable même en famille, qui vous comblera par ses splendides paysages une fois sur les crêtes. Un panorama très accessible sans dépasser les 2000m d’altitude, il n’y en a pas des centaines ! Possibilité d’effectuer cette sortie au milieu de l’hiver en raquettes, le col du Grand Cucheron étant ouvert à l’année.