Après deux années passées en Lozère, j’ai pris la décision de quitter ma zone de confort et de m’installer pour un nouveau poste en Savoie, à 1100m d’altitude, dans un village de moins de deux cents habitants : Saint Colomban des Villards. Dès mes premiers instants dans ce nouvel environnement, j’ai souhaité partager les possibilités naturelles du coin et plus particulièrement ce que représente en terme de paysages et de randonnées la Vallée des Villards.

NB : Cet article est le premier d’une série dédiée à la découverte de ce secteur, série que vous retrouverez sous le nom d’« Une Parenthèse dans la Vallée des Villards ». 

Saint Colomban des Villards

Saint Colomban des Villards, où j’ai atterri, est la principale localité de la Vallée des Villards (composée d’une seconde commune du nom de Saint Alban des Villards). Comme je le disais en introduction, c’est un village de moins de deux cents habitants à l’année mais qui se remplit fortement en été et en hiver. Le village se trouve en Maurienne, non loin de Saint-Jean-de-Maurienne et à la frontière entre la Savoie et l’Isère. Il est plutôt connu grâce au Col du Glandon (1924m), théâtre de nombreux passages du Tour de France et véritable institution pour les cyclistes (et ils sont nombreux à tenter l’ascension).

Saint Colomban des Villards est aussi une station de ski, faisant partie du 4ème plus grand domaine skiable de France : Les Sybelles. Ce qui signifie qu’en hiver, les pistes ne seront qu’à quelques mètres de mon domicile et ça, c’est la classe ! Autrement, c’est un joli village typiquement savoyard composé de nombreux hameaux séparés par des couloirs d’avalanche.

C’est vraiment agréable de se balader dans le village et dans les espaces naturels que l’on retrouve au fil des sentiers de découverte. Forêts, traversée du torrent, plan d’eau de baignade pour l’été, ce sont autant de petits joyaux dans ce havre de paix.

Depuis que je m’y suis installé au début de l’été, j’ai trouvé le village vivant et animé. Chaque semaine, une nouvelle activité était proposée par les associations du coin et l’Office de Tourisme. Cela m’a permis de découvrir les particularités locales et les traditions villarinches. C’est donc un excellent endroit pour venir se reposer et ralentir le fil du temps après une année de boulot.

Au Col du Glandon

Voilà la principale explication de la notoriété de Saint Colomban des Villards en France et à l’étranger : son col mythique pour les cyclistes (et motards). Situé à un peu plus de 10km du Chef-Lieu, le Col du Glandon est ouvert à la circulation entre mai et novembre. L’hiver, il sert de piste de ski de fond.

Lorsque vous êtes sur le parking du Col, ne manquez pas la vue directe sur le Mont-Blanc, resplendissant par beau temps. C’est également un point de départ pour de nombreuses randonnées dont celle qui mène au Lac de la Croix (lien). J’aime m’y rendre en semaine, après le travail, pour m’oxygéner et me retrouver au frais là-haut. Et en été, c’est un excellent choix pour observer les étoiles (et étoiles filantes) : la pollution lumineuse est quasi-inexistante.

Pour les plus courageux, je vous invite à tenter l’ascension en vélo, mais il vous faudra une grosse grosse volonté !

Sous le télésiège de l’Ormet

En guise de balade introductive, je vous propose une marche courte (mais intense) pour prendre un peu de hauteur sur le village et découvrir le tracé des pistes de ski alpin. Et si vous avez un peu plus de jambes, pourquoi pas rejoindre l’auberge du Coin, à l’entrée de la Combe de Bellard ?


Durée : 30min pour atteindre la lisière de la forêt et 1h30 pour accéder à l’auberge du Coin. 

Dénivelé : +300m.

Difficulté : Facile. 

Points d’intérêts : La vue sur les différents hameaux de Saint Colomban des Villards, la découverte des pistes de ski alpin. 

 


Le sentier serpente sous le télésiège de l’Ormet, empruntant la large piste bleue du même nom de la station de ski. Le fort dénivelé en entrée de jeu permet de gagner rapidement en altitude et de voir le paysage se découvrir petit à petit. Très vite, on aperçoit au loin le positionnement des différents hameaux : le Martinan, Nanchenu et la Pierre. Dans la distance, on devine le secteur de Saint-François-Longchamp et le Col de la Madeleine. C’est avant tout un excellent promontoire pour embrasser une grosse partie de la Vallée des Villards.

N’étant pas un grand fan des constructions humaines dans la nature et plus particulièrement en montagne, j’avais un peu de mal avec le côté artificiel que donne les éléments de la station de ski. J’ai tout de même essayé d’y trouver et creuser un aspect esthétique niveau photographique : je ne suis pas trop mécontent du rendu.

Une fois à la lisière des bois, continuez votre route jusqu’à l’auberge du Coin et même la Combe de Bellard. Sinon, respirez un bon coup après une montée raide et profitez des vues sur les sommets de la vallée tout autour de vous. Une randonnée simple mais efficace pour se dégourdir les jambes et sortir de chez soi.

Dans la Combe du Tépey

C’est l’une des toutes premières randonnées que j’ai pu effectuer en arrivant à Saint Colomban des Villards. Avant de m’y installer, je n’avais jamais eu la chance de partir en randonnée dans le massif des Alpes et, de manière générale, à des altitudes supérieures à 2000m. Je voulais donc une marche initiative et sans grande difficulté pour atteindre les 1800m d’altitude.


Durée : Environ 3h30 aller/retour.

Dénivelé : +600m.

Difficulté : Facile.

Points d’intérêts : Le calme de la combe, la fraîcheur du torrent du Tépey, la « Pierre Barme » et le hameau du Tépey. 

 


Le départ se fait au Hameau de Valmaure, à l’extrémité sud du village. Il est fin juin et les fleurs tout autour du sentier sont magnifiques. Il règne une réelle ambiance de légèreté dans ce paysage tranquille. Les premiers mètres se font sentir car assez raides et la chaleur n’aide en rien. Mieux vaut d’ailleurs commencer ses randonnées tôt le matin pour éviter de prendre des risques sous un soleil de plomb.

L’oeil est vite attiré par les sommets bordant la Combe du Tépey : le Pic de la Grande Valloire (2887m) est facilement visible et encore bien enneigé en cette fin juin. Pour le moment, la combe est vide de ses occupants. Les troupeaux de moutons ne sont pas encore montés en alpages et pas un chat à l’horizon. D’ailleurs, je ne crois pas avoir rencontré mes semblables tout au long de la matinée. Et du coup, j’en profite un maximum.

Lors de la progression, on longe un ancien hameau d’alpage, le « Tépey ». Les chalets ne sont pas tous à l’abandon et ce petit patelin s’intègre parfaitement dans le cadre de la combe. Je pense qu’on peut s’approcher au plus près des bâtiments mais je n’ai pas osé pour cette fois-ci. Qui dit combe, dit aussi ruisseau. Et le torrent du Tépey ne manque pas de nous accompagner tout le long de la randonnée, utile pour se rafraîchir un instant.

Évidemment, il fallait que la chance ne soit pas de mon côté : mon objectif était d’atteindre la « Pierre Barme », le point d’intérêt de l’itinéraire. Cependant, aux alentours de 1500m d’altitude, la végétation devient envahissante, ralentissant ma marche jusqu’à finalement m’empêcher d’aller plus loin… Comme les troupeaux ne sont pas encore en pâture, l’herbe pousse de tous les côtés et personne n’a pris le temps de débroussailler cet axe de randonnée pour le moment. Pas grave ! Je fais demi-tour en essayant d’en profiter au maximum et en prenant le temps d’observer un peu tout autour de moi.

En passant par Montrond

Montrond, c’est le nom d’un ancien alpage dont les chalets ont été restaurés. Je peux affirmer que c’est une balade bien sympathique, facile et accessible. On alterne une marche ombragée dans la forêt, une traversée de l’ancien alpage et une descente un peu plus vertigineuse avec de nombreux points de vue.


Durée : Environ 2h30. 

Dénivelé : +320m.

Difficulté : Très facile.

Points d’intérêts : La vue sur le Mont-Blanc, le cadre parfait pour un pique-nique et les chalets d’alpage parfaitement restaurés.

 


Si vous êtes sur le retour de la Combe du Tépey, vous pouvez rejoindre le départ de la boucle de Montrond pour allonger votre parcours. Autrement, vous pouvez commencer par les hameaux de Valmaure ou de La Chal pour rejoindre la passerelle du Tépey. Au départ de la passerelle, le cheminement est agréable puisqu’en partie en forêt et à l’ombre. Ça grimpe tout de même assez fort dès le début.

Dans la forêt, prenez le temps de bien observer sur les bords du sentier : vous trouverez peut-être de quoi vous ravitailler en fruits des bois (fraises des bois, framboises et myrtilles sauvages). Il est toujours fin juin lorsque j’ai fait cette sortie et il était encore trop tôt pour espérer ramasser quoi que ce soit !

Une fois le dénivelé avalé, j’arrive enfin aux abords des chalets d’alpage et le paysage s’ouvre soudainement. Moment de contemplation : d’un côté, le Mont-Blanc se laisse entrevoir dans la distance, de l’autre, c’est la partie sud de la Vallée des Villards et le Col du Glandon qui sont à portée de vue.

J’ose le dire : c’est l’endroit rêvé pour prendre un pique-nique et flâner tout un après-midi. Le cadre est idyllique et je réalise la chance et l’opportunité de vivre au beau milieu de ces paysages exceptionnels. Je passe une bonne heure assis à l’ombre d’un arbre dans le plus grand des calmes, heureux et paisible. Là encore, je fais l’expérience de la solitude car le sentier n’est pas non plus débroussaillé et impossible à repérer sans une carte IGN.

Quand je commence à avoir un petit creux, je me décide finalement à entamer la descente jusqu’au village. Après un court passage dans l’alpage, je retrouve les bois et le dénivelé négatif devient important. Par moment, la forêt s’ouvre comme une fenêtre et je retrouve une large vue sur Saint Colomban des Villards.

En un rien de temps, la boucle est bouclée et le sentier de découverte pleinement appréhendé. Manque plus qu’à se rafraîchir avec une bonne bière et la journée est une réussite.

En conclusion, l’objectif de ce premier article dans cette série « Une Parenthèse dans la Vallée des Villards » est de vous familiariser avec les particularités de la vallée villarinche. C’est une sorte d’introduction grossière avec les premières possibilités en terme de randonnées et de découvertes, le tout étant accessible à pied depuis le Chef-Lieu du village. Ce que je peux déjà dire, c’est que l’offre en matière d’activités de pleine nature est variée et les sentiers ne manquent absolument pas !

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