Un 1er février ? En Lozère ? Normalement, on s’imagine des sommets arrondis plâtrés de neige, battus par un vent glacial que l’on ne rencontre que là-haut. Et bien, en cet hiver 2019-2020, c’est loin d’en être le cas ! Températures douces, peu de gelées, quasiment pas de neige… De quoi me laisser une opportunité de sortir le VTT pour une balade sur le Causse de Sauveterre, avec Simon, un copain secrétaire de mairie.

Avec Simon, nous avons l’habitude de faire du VTT régulièrement, souvent le soir en sortant du travail pour décompresser de nos journées et surtout dans les chemins autour de Mende. Lui sur un magnifique Orbea électrique (ce tricheur) et moi sur mon Rockrider (Décathlon) qui commence à prendre de l’âge.

L’idée, c’était de changer d’air et profiter du week-end pour réaliser un plus long parcours qu’à l’accoutumée. Il me propose de se rendre sur le Causse de Sauveterre, l’un des grands Causses du sud du Massif-Central et de longer les falaises vertigineuses des Gorges du Tarn. Ça promet !


Durée : Il faut compter environ 2 heures pour les 20 kilomètres du parcours.

Dénivelé : Quand même 370 m en D+.

Difficulté : Facile à moyen. Quelques pentes raides mais des descentes très abordables.


Allez, on charge les vélos dans le Trafic de Simon (c’est le top ces bagnoles pour partir à l’aventure en chargeant tout son matos) et on file vers Champerboux, un petit village du Causse de Sauveterre, à environ 20 minutes de Mende. Temps assez chargé avec de la bruine et du vent. En arrivant au point de départ, on sait déjà ce qui nous attend : de la boue, beaucoup de boue, trop de boue…

Le départ du parcours se fait en descente, sur de belles pistes rocailleuses mais bien larges. Sans difficulté donc. Dans ma tête, je me dis que si l’on descend dès le début, ça annonce des montées terribles sur le reste du circuit. Et contrairement à Simon, mon VTT n’a pas l’assistance électrique. Les pentes lozèriennes peuvent être très raides (qui n’a jamais entendu parler de la Montée Jalabert à Mende ?). Qui vivra verra !

En attendant, on s’éclate dans les descentes et l’endorphine monte tranquillement en nous. On fait quelques pauses pour que je donne des conseils à Simon sur l’utilisation d’un appareil photo car il vient d’en acquérir un.

Après deux kilomètres, voilà finalement le plat de résistance : un sentier étroit et raide, avec des rochers au milieu. J’ai pas vraiment l’habitude de tenir sur le vélo dans ce genre de chemin et je suis obligé de poser pied à terre plusieurs fois, incapable de remonter sur la selle pour repartir avec assez de puissance.

Pendant ce temps, ce tricheur de Simon s’envole littéralement, du fait de ses pneus plus adaptés et de son moteur électrique. En vrai, même si ça me fait râler, je suis plus jaloux qu’autre chose et je me serais certainement fait plaisir avec l’assistance électrique. Enfin, l’objectif est de prendre son temps sans se pousser à bout dès les premières bornes. Chacun y trouvera son bonheur à son rythme. Derrière moi, la brume et les jeux de lumière sur le Causse de Sauveterre dévoilent un spectacle hypnotisant.

Nous passons dans le hameau de Pessades, puis à proximité de celui de Dignas, où vous pourrez admirer de magnifiques maisons typiques de la région. À cet instant, nous sommes littéralement au bord des Gorges du Tarn.

Le hameau de Dignas, en bas à droite.

Le vent et la pluie se sont renforcés et nous sommes maintenant trempés jusqu’aux os. Une petite pause à un signal télécom, à proximité des falaises des Gorges, nous permet d’admirer la vue, un peu bouchée par les nuages, il faut le dire. Dans ce genre de conditions météorologiques, j’adore le côté mystérieux, presque mystique, qui se dégage. Je ne me plains jamais d’une météo comme celle-ci (je vais vite changer d’avis quand je vais devoir me rasseoir sur ma selle trempée).

À ce moment-là, avec Simon, nous remarquons une odeur assez forte qui imprègne les lieux. Ça pue. Ça pue fortement même. Et le coupable n’est autre qu’une chèvre, solitaire, qui se trouvait à quelques mètres de nous. Pas peureuse, elle nous a observé tout le long de notre pause.

La chèvre. Attention aux odeurs.

Après cette pause, c’est sûrement mon moment préféré de cette sortie VTT : une superbe descente sur une piste large, en bordure des Gorges du Tarn, le soleil qui sort pour nous récompenser de nos efforts. C’est le kiffe total. Le pouvoir de la nature et du sport qui s’allient pour nous procurer une joie inégalable.

Dans cette descente forestière, nous allons pouvoir parcourir quelques kilomètres sans trop forcer. De quoi récupérer des précédentes montées et se préparer à celles qui vont venir.

Nous retrouvons le bitume à l’issue de la descente et notre parcours au plus près des Gorges du Tarn se termine : il est temps de retourner à l’intérieur des terres du Causse de Sauveterre et ses chemins vallonés. À partir de là, Simon n’est plus vraiment très sûr de la direction à prendre et nous avançons, il faut le dire, un peu à l’oeil.

Pour moi, je trouve que l’on se tourne trop vers l’ouest alors que nous devrions plutôt aller à l’est, notre point de départ. Mais je décide de faire confiance à Simon.

La particularité du Causse, c’est que tout se ressemble et on ne sait jamais vers où l’on va ou où l’on est. C’est un environnement très piégeur. Dans tous les cas, nous continuons sur de nombreuses pistes jusqu’à une intersection où une rapide vérification GPS permet de retrouver notre position et la direction à prendre. Sur ce dernier tronçon, nous croisons un dolmen, construction mégalithique, en nombre en Lozère.

Affrontant les mares de boue, nous approchons de la conclusion de notre sortie VTT, heureux d’avoir su profiter d’un 1er février pour faire du vélo. C’est clair qu’en rentrant chez nous, une machine et une bonne douche seront nécessaires pour retirer la boue séchée sur nos vêtements et nos corps. Mais ce sera au moins avec l’esprit reposé.

Le coucher de soleil sera là à notre arrivé au Trafic de Simon. Histoire d’un dernier regard sur les étendues immenses du Causse.

Le coucher de soleil du bonheur.

En conclusion, c’est une randonnée VTT accessible qui vous permettra de découvrir deux régions splendides de la Lozère, le Causse de Sauveterre et les Gorges du Tarn, en une seule sortie. Quelques montées peuvent être raides mais si vous entreprenez la sortie avec un VTT à assistance électrique, alors ce ne sera que du pur bonheur !

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