Suite à mes premières balades en raquettes sur Instagram, vous avez été nombreux à me demander comment se prépare une randonnée en raquettes. Malgré ma modeste expérience, on apprend vite à se débrouiller en habitant en Savoie et en côtoyant la neige quotidiennement. Voici mes conseils et mes astuces pour ne pas finir congeler après 15 minutes de rando en raquettes !

#1 – Planifier

Choisir une difficulté

La première étape dans la préparation d’une sortie en raquettes, à mon sens, est de savoir ce que l’on veut : une course physique, une balade dominicale, peu ou beaucoup de dénivelé ? Pour cela, vous pouvez utiliser un système de classement de la difficulté d’une randonnée en raquettes, élaboré par le Club Alpin Suisse et reconnu internationalement :

CotationDescription technique
R1Courte distance, aucune pente à 25%, peu ou pas de dénivelé, pas de danger d’avalanche, aucune expérience requise.
R2Courte distance, aucune pente à 25%, quelques pentes raides, danger d’avalanche limité.
R3Distance moyenne, pentes à moins de 30%, dénivelé peu important mais des pentes raides, danger d’avalanche.
R4Sortie à la journée, pentes à moins de 30%, dénivelé globalement important, passages techniques nécessitant une connaissance du terrain, danger d’avalanche.
R5Sortie à la journée, pentes à plus de 30%, sentiers non balisés et non tracés, dénivelé important, escalade ou alpinisme selon les secteurs.
R6Sortie à la journée, pentes à plus de 30% sur un terrain non sécurisé et alpin. Niveau d’expertise requis important, piolets, crampons et cordes nécessaires. Fort danger d’avalanche.

Se renseigner sur son parcours

Il est temps de sélectionner son parcours selon la difficulté retenue. Pour y parvenir, plusieurs outils sont disponibles physiquement et virtuellement. N’hésitez pas à vous renseigner auprès des offices de tourisme qui possèdent généralement une bonne base de données des parcours balisés et sécurisés.

Rien ne vaut la bonne carte IGN qui vous permettra d’avoir une base pour étudier le relief et le tracé des sentiers praticables en dehors de l’hiver. Il vous faudra alors déterminer le pourcentage des pentes que vous pourrez rencontrer ou traverser. Pour cela, j’utilise régulièrement le site Géoportail et sa cartographie des pentes.

Outil de visualisation des pentes – geoportail.gouv.fr

Pour vous éviter tout risque, il faut partir du principe qu’une avalanche ne peut se produire sur des pentes à moins de 25%. Utilisez cette règle pour écarter des secteurs dangereux (plus de 25% de pentes). En recoupant votre carte IGN avec la carte des pentes, vous avez alors une idée précise des parcours adaptés à votre niveau.

#2 – S’habiller

Les plus grosses erreurs de préparation d’une randonnée hivernale sont souvent commises au moment de s’équiper : soit par méconnaissance du terrain, soit par méconnaissance du fonctionnement de notre corps pendant un effort. Les conseils qui vont suivre vous feront apprécier une sortie par des températures polaires même si vous craignez habituellement le froid.

Le système des trois couches

Il est communément admis qu’un système de trois couches vestimentaires est le meilleur moyen de rester au chaud et contrôler sa température en randonnée hivernale.

Le système des trois couches. Crédit : camptocamp.org

Si vous suivez le raisonnement du schéma, vous comprendrez que vous n’avez besoin que de trois couches de vêtements. Fini de se couvrir de cinq vestes, trois pulls et deux laines !

Couche respirante : la couche de base mais aussi la plus importante. Elle doit être suffisamment respirante pour évacuer votre transpiration pendant l’effort. Cela évitera à la transpiration de vous refroidir rapidement si elle reste contre votre corps. 

Couche isolante : c’est la couche intermédiaire. Une bonne doudoune ou une veste légère feront l’affaire. Elle doit permettre également d’évacuer la transpiration tout en isolant votre corps de la température extérieure.

Couche protectrice : cette dernière couche doit vous protéger contre les éléments, que ce soit une tempête de neige, de vent ou la pluie. Elle doit donc être imperméable et vous apporter suffisamment de chaleur dans ces conditions souvent extrêmes. 

Des chaussures taillées pour la marche sur la neige

Vos chaussures ne sont pas à négliger non plus. Elles se doivent d’être imperméables (Gore-Tex par exemple), isolantes (technologie Omni-Heat de Columbia par exemple) et assez hautes pour éviter l’infiltration de la neige. Je vous conseille de vous tourner vers vos magasins de sports préférés pour trouver la bonne paire. J’ai une préférence pour la marque Columbia dans ce domaine.

En cas de grosses chutes de neige, des guêtres seront un confort supplémentaire pour votre sortie dans la poudre.

Et sans oublier la paire de raquettes

L’incontournable de la randonnée en hiver : la paire de raquettes. Il y en aura pour tous les goûts mais les modèles les plus simples (Quechua, TSL, Inook) vous conviendront.

Vous préférerez une paire avec cale de montée et de descente, un must-have vu les dénivelés importants de nos massifs français. Ne faites pas non plus de concessions sur la qualité des crampons, cela vous aidera une fois sur des pentes glacées ou dans des dévers.

En général, les raquettes sont réglables pour convenir à toutes tailles de chaussures. Vous prendrez tout de même le soin de tester les raquettes avec vos chaussures d’hiver car elles sont souvent plus massives que des chaussures de randonnée d’été.

#3 – Dans la pratique

La randonnée en raquettes se distingue des autres sports d’hiver

Tandis que les stations de ski font le plein et les pistes sont assiégées par les skieurs, le randonneur en raquettes rejoint un autre monde, calme et reposant. Votre expérience en raquettes se distinguera fortement de l’ambiance « ski alpin ». Ce que j’aime dans la randonnée hivernale, c’est de pouvoir me retrouver complètement seul, dans des paysages vierges de toutes traces.

Vous découvrirez une nouvelle façon de profiter de la nature en hiver : vous accéderez à des coins que vous n’auriez pu atteindre par d’autres moyens (voiture, ski, etc…) et vous porterez un regard différent sur des paysages que vous avez l’habitude de connaître le reste de l’année.

Pour autant, vous aurez toujours la possibilité de vous fixer des objectifs audacieux : sommets, courses à la journée avec fort dénivelé, etc… La randonnée en raquettes n’a rien de ringard, loin de là.

La randonnée en raquettes est bonne pour la santé physique et mentale

Tout comme la randonnée pédestre le reste de l’année, la randonnée en raquettes aurait des vertus sur notre santé mentale : en effet, randonner procure un bien-être incomparable et stimule notre cerveau. Cela résulte en une diminution de notre stress et une plus grande énergie disponible. Alors, pourquoi se priver d’une bonne marche, même de courte durée ?

Mais surtout, marcher avec des raquettes dans des cumuls de neige souvent importants nécessite un plus grand effort physique : soulever la neige, faire sa trace, etc… Des études ont prouvé, qu’en moyenne, on dépense deux fois plus de calories en randonnée raquettes qu’en randonnée pédestre sur une même distance.

Vous l’avez compris, la randonnée en raquettes a de quoi plaire à beaucoup, lorsque l’on pratique en sécurité et avec bon sens. Le but de ce modeste guide est de vous inciter à voir plus loin que la peur du froid en hiver et de ne pas commettre d’erreurs souvent basiques à ce sujet. La randonnée en raquettes offre de nombreuses possibilités de s’amuser et de se dépenser pendant l’hiver.