L’automne. Saison subtile où la blancheur des premières neiges côtoient les couleurs éclatantes des mélèzes et des pelouses. Si je pouvais faire en sorte de rester bloquer sur une seule période de l’année, ce serait l’automne. Mais le charme de cette saison provient aussi de sa précarité : alors autant en profiter un maximum. Retour sur un week-end à la recherche des plus belles ambiances automnales en Maurienne. 

Au Lac de la Grande Léchère

Un splendide samedi d’octobre, ensoleillé à souhait. Impossible de résister à l’appel d’une randonnée dans ces conditions plus que favorables. Je n’avais pas réellement de grandes ambitions pour choisir mon itinéraire, je voulais un parcours facilement accessible et à proximité de chez moi : j’ai ainsi jeté mon dévolu sur la randonnée du Lac de la Grande Léchère au départ de la station de ski de Saint-François-Longchamp.


Durée : Entre 3h et 4h en prenant son temps.

Dénivelé : +200m.

Accès routier : Depuis la vallée de la Maurienne et La Chambre, prendre la direction de Saint-François-Longchamp et monter jusqu’à Saint-François-Longchamp 1650. Se garer sur le parking de la Madeleine devant les commerces de la station. Le départ de la randonnée est au bout du parking. 

 


Heureux d’être à l’extérieur par cette météo, je démarre de bon train la dizaine de kilomètres (aller-retour) de ma marche automnale. Dès les premiers pas, on est immergé dans la beauté des couleurs de l’environnement qui nous entoure. On s’émerveille devant chaque arbre flamboyant et chaque ruisseau chantant. Ça ne peut pas mieux commencer.

Vous traversez une série de chalets d’alpage avant d’effectuer une centaine de mètres sur une portion goudronnée. C’est juste avant d’atteindre le hameau du Replat que les choses sérieuses s’annoncent. Une bifurcation à droite de la route vous amène au pied du premier (et seul) dénivelé notable de la randonnée.

N’en faisant qu’une bouchée, même si la chaleur se fait ressentir, j’arrive à l’entrée du Petit Bois, une jolie forêt traversée par un agréable sentier, ni trop large, ni trop exigu.

À partir de là, la progression est rapide sur ce chemin relativement plat. On traverse de nombreux torrents et les arbres s’écartent régulièrement pour laisser entrevoir les Aiguilles d’Arves, le glacier de l’Étendard et autres sommets caractéristiques de la Maurienne. Malgré la bonne météo, je ne croise absolument personne et je pense que ce parcours n’est pas forcément le plus fréquenté à cette période.

Je reste constamment en admiration devant l’ambiance automnale qui se dégage de cet endroit et je me dis que je suis vraiment mieux ici qu’enfermé à l’intérieur. C’est une marche particulièrement agréable et certainement le jour parfait pour la réaliser. Alors que le sentier se transforme progressivement en une large piste, la forêt laisse place aux alpages déjà vidés de leurs occupants.

Quelques centaines de mètres plus loin, l’objectif du jour est atteint : le lac de la Grande Léchère (1680m) apparaît et la vue se dégage entièrement. Pas un chat aux alentours, le bonheur.

Le temps devant moi, je décide de me poser au soleil et de profiter un max de cette solitude parfaite. Le cadre est absolument génial, on embrasse une large partie de la Maurienne et les contrastes de couleurs sont saisissants. Vous trouverez aux abords du lac de nombreuses tables pour pique-niquer ou vous reposez après votre randonnée.

Également, pendant la saison estivale et hivernale, vous pourrez réserver une nuit au refuge de la Grande Léchère, qui fait aussi office de restaurant, à proximité du lac. Avec la neige, ça doit être une super expérience et pourquoi pas tenter ça au milieu de l’hiver ?

Pour ma part, je n’ai pas effectué de boucle sur cet itinéraire pour le retour mais il est tout à fait possible de prendre une alternative au sentier aller. Je vous conseille d’aller jeter un coup d’oeil à ce topo qui propose une boucle particulièrement sympathique !

Le retour se fait encore plus rapidement que l’aller et en moins d’une heure trente, je retrouve la station de Saint-François-Longchamp avec une superbe ambiance de fin de journée d’automne. Un régal pour les yeux.


Au Lac de la Combe

Immédiatement le lendemain de ma randonnée au lac de la Grande Léchère, je retourne sur les sentiers, dans une atmosphère moins accueillante que la veille d’un point de vue météorologique : des nuages, un vent glacial, un peu de pluie. Au départ du Col du Glandon (à Saint Colomban des Villards), je souhaite rejoindre un lac que j’ai aperçu sur ma carte IGN et qui semble présenter un certain intérêt : le lac de la Combe.


Durée : Environ 2h mais pas plus.

Dénivelé : +300m.

Accès routier : Depuis la Maurienne, prendre la direction de Saint Colomban des Villards et monter jusqu’au Col du Glandon pour se garer au parking du Col. Même trajet en venant de Saint Jean d’Arves en passant par le Col de la Croix de Fer ou en venant de Grenoble et Vaujany par la retenue de Grandmaison. 

 


Cette sortie ne présente pas non plus de difficultés techniques et est facilement abordable pour les moins sportifs d’entre vous. À noter qu’un crochet au sommet du Carrelet vous donnera une superbe vue à 360 sur tout le secteur.

La météo apporte un côté mystérieux au paysage et j’apprécie cette ambiance un peu mystique. Les plans de myrtilles explosent d’une couleur rouge intense. Le dénivelé permet de rapidement atteindre un sentier balcon sur la retenue de Grandmaison, un passage plus que splendide de cette marche.

Bienvenue dans l’immensité : au loin, l’Isère, l’Étendard, les Grandes Rousses, le Col de la Croix de Fer, le Mont-Blanc. Et puis, toutes proches, les Aiguilles d’Argentières, massives et intimidantes. Je continue mon parcours en avalant rapidement un second dénivelé. Les alpages sont abandonnés et l’hiver reprendra bientôt ses droits sur ces secteurs en altitude. Je croise un chalet d’alpage quasiment en ruine, témoin d’une époque où le pastoralisme occupait la vie des habitants des vallées alentours.

Enfin, j’atteins ce qui semble être le lac de la Combe : un mince filet d’eau, ressemblant plus à une rivière ou un minuscule étang. Pas de quoi qualifier cela comme un lac d’altitude. J’aurais pu être déçu de me retrouver devant un si petit point d’eau alors que j’imaginais un lac calme et paisible devant ces montagnes majestueuses. Mais cela fait partie de l’exploration, on ne sait jamais vraiment sur quoi nous pouvons tomber.

À ce propos, Les Others, dans le volume papier n°7, mettent en garde contre l’imaginaire lorsqu’on observe une carte pour préparer ses sorties : les cartes peuvent être interprétées subjectivement et altérer la réalité du terrain au moment où l’on se lance sur les sentiers. La prochaine fois, je ne placerais pas autant d’espoir dans mon interprétation des topos IGN.

Dans tous les cas, cette randonnée suffit à prendre l’air, assurer sa forme physique par le passage de deux dénivelés et admirer de très beaux paysages dans ce coin particulier qui voit la rencontre de trois vallées.

Même chose que la sortie de la veille, une boucle est possible ainsi qu’un crochet au sommet du Carrelet pour la vue. La boucle n’allonge pas vraiment la randonnée mais fait office d’alternative sympathique. Cette marche correspond parfaitement à une sortie tranquille d’un dimanche où l’on ne sait pas quoi faire.

En conclusion, vous avez là de quoi vous inspirer pour organiser deux randonnées abordables physiquement sans faire de concessions sur les paysages que vous voulez admirer. Elles feront largement l’affaire pour faire découvrir la vallée de la Maurienne à vos amis ou votre famille en visite dans le secteur ou bien si vous souhaitez vous-même faire un tour en Maurienne. Au printemps et à l’été prochain, je vous proposerais une sélection des plus beaux lacs d’altitude mauriennais pour compléter vos idées randonnées dans le coin.