Sous ce titre peu révélateur se cache simplement la réalité de cette randonnée : je n’ai commencé à prendre des photos que sur le retour de la marche. Je me suis donc dit que cela pourrait être original d’en faire autant pour le récit et de commencer par la fin. Une randonnée en Vallée des Villards qui nous emmène sur les hauteurs, au milieu des alpages et lac d’altitude. 

NB : Cet article est partie intégrante de la série « Une Parenthèse dans la Vallée des Villards ». 


N 45° 17′ 47.3562 E 6° 14′ 4.311′

Durée : 3h aller / retour. 

Dénivelé : +450m.

Difficulté : Facile, passage d’un pierrier sans difficulté. 

Accès routier : Depuis le Chef-Lieu de Saint Colomban des Villards, prendre la route forestière derrière l’Église et le cimetière. Continuer jusqu’au bout de la route et se garer au chalet RTM.

 


Bon, commençons par la conclusion de la randonnée du coup. Sur cette sortie, mes parents étaient présents à Saint Colomban des Villards et m’ont accompagné pour découvrir le patrimoine naturel de la vallée. Pas forcément grands marcheurs, nous avons ainsi pris le temps de s’approprier les lieux. Nous nous retrouvons donc au bord du lac des Balmettes (2200m), petit lac d’altitude cerné par des sommets pouvant atteindre 2500m (Rocher des Trois Doigts par exemple).

Le lac en lui-même n’a rien de particulier mais les façades rocheuses qui l’entourent et l’herbe verte et rayonnante qui y pousse contribuent à l’originalité de la scène et l’intérêt de ce point final. Au loin, le Col des Balmettes (2438m) est visible mais nécessite un effort physique supplémentaire avec ses 200m de dénivelé positif depuis le lac. J’aurais voulu m’y rendre mais le matériel de mes parents n’est pas suffisant pour s’y aventurer.

Alors que nous nous reposons sur les berges du lac des Balmettes, nous sommes rejoints par de curieux compagnons : un troupeau de moutons de plusieurs centaines de bêtes commence à dévorer le gazon tout autour de nous. Pas du tout effrayés par notre présence, les moutons s’approchent et semblent vouloir discuter avec nous. Toutefois, la présence de deux patous calme les ardeurs du troupeau. Les chiens de protection de troupeaux aboient en nous repérant et cherchent à s’assurer de nos intentions pacifiques.


Avec la présence du loup, de l’ours, du lynx, les patous représentent pour les éleveurs et les bergers une aide précieuse pour la protection des troupeaux. Le chien de protection est autonome : il accompagne son troupeau et veille sur lui sans relâche, nuit et jour. Pour exercer sa vigilance, il crée une zone de protection autour du troupeau, se tenant prêt à éloigner tout intrus : chien non tenu en laisse, promeneur, animal sauvage, etc.

Ces chiens ne sont pas éduqués pour l’attaque mais pour la dissuasion : leur corpulence et leurs aboiements sonores tiennent en respect les prédateurs. Si vous croisez un troupeau, contournez largement l’aire de pâturage ou de repos des brebis ou les parcs clos : vous respectez ainsi le travail des bergers sans déranger les troupeaux.

 


Pas de bol pour nous : les nuages sont nombreux à midi au dessus de nos têtes et ont du mal à déguerpir. À cette altitude, au repos, le ressenti de la température extérieure n’invite pas à s’attarder sur les rives de notre fameux lac. C’est l’heure de redescendre à des hauteurs plus raisonnables !

Sur le chemin du retour, à proximité du lac, nous croisons une autre partie du troupeau, sans patous cette fois-ci. J’en profite pour prendre quelques photos d’un jeune mouton assez curieux qui nous observe pendant que l’on passe sur le sentier.

Alors que nous nous trouvions assez encaissés dans la combe du lac des Balmettes, notre vision s’élargit au fur et à mesure que nous perdons de l’altitude. Mes parents s’arrêtent régulièrement pour profiter de la vue, peu habitués à randonner dans un tel cadre naturel. Le soleil fait son retour et, avec lui, la chaleur. Décidés, nous choisissons ce moment pour manger un bout avant qu’il ne fasse beaucoup trop chaud plus bas.

Depuis le promontoire où nous nous ravitaillons, le domaine skiable de Saint Colomban des Villards est facilement visible par le tracé des pistes de ski alpin. Nous devons nous trouver à une altitude de 2000m environ et, au loin, la plupart des sommets sont observables à l’oeil.

Nous finissons par sortir de la combe où nous marchions depuis le début de la matinée. Nous nous trouvons maintenant sous le Pic de Frumezan (2277m). Le terrain s’est largement aplani après la traversée de plusieurs pierriers (sans difficulté). Un panorama supplémentaire apparaît alors : le glacier et le Pic de l’Étendard (3464m) et la Cime du Sambuis (2734). Honnêtement, c’est la partie de la randonnée que j’apprécie le plus, on prend réellement le temps de se sentir isolé de tout à cet instant.

Sous le Pic de Frumezan, il est possible de rejoindre un sentier dans la combe de Planard pour atteindre la combe des Roches. C’est une excellente idée pour effectuer une randonnée sur une journée entière et, à l’occasion, je le tenterais pour vous en faire un retour. Autrement la descente est assez raide et après tous les efforts de la matinée, les jambes en prennent un coup. Ma mère aura d’ailleurs quelques déboires avec ses chaussures puisqu’elle finira par perdre ses deux semelles : pas une excellente situation lorsque l’on se trouve en randonnée en altitude.

Dans la vallée, le site de Frumezan est surtout connu pour accueillir les dispositifs de paravalanches communaux et domaniaux. En effet, la zone est extrêmement avalancheuse en hiver lorsque les chutes de neige sont abondantes. Dans les années 1940 et 1980, deux avalanches ont ravagé le village de Saint Colomban des Villards, rasant les bâtiments publics comme la mairie. Depuis, ces installations sont essentielles pour protéger les riverains pendant la saison hivernale.

Moment de répit quand nous atteignons un coin d’ombre. La randonnée se déroule dans des paysages très ouverts et à 13h, le soleil tape très très fort. Alors quand nous apercevons de petits groupes d’arbres, nous ne perdons pas de temps pour nous y réfugier, histoire de se désaltérer tranquillement.

Quasiment 14h quand nous effectuons les derniers lacets de notre randonnée à travers de petits bois. Les arbres offrent suffisamment d’espace pour admirer les sommets alentours. La chaleur devient réellement insupportable et nous n’attendons qu’une chose : trouver une petite source d’eau provenant d’une altitude supérieure. Nous finissons les derniers mètres en empruntant une route goudronnée, la route forestière de Frumezan, pour rejoindre notre parking deux virages plus bas, vers 1800m d’altitude.

En conclusion, je ne regrette pas forcément de ne pas avoir pris de photos à l’aller car je n’y avais pas trouvé d’intérêt. C’est une balade que je ne peux que conseiller si vous êtes de passage dans la Vallée des Villards. Facilement accessible en voiture jusqu’à 1800m d’altitude, elle est considérée comme familiale du fait de l’absence de difficultés. Pour autant, vous serez agréablement surpris par la beauté des points de vue et le calme des eaux du lac des Balmettes (avant de vous faire envahir par les centaines de moutons des alpages du coin). 

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